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Les rites funéraires des Gallo-Romains au Bas Empire

 
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Arthurius
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Joined: 14 Jan 2008
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Localisation: Lutèce en Gaule et pays de la toison d'or

PostPosted: Mon 11 Feb - 07:41    Post subject: Les rites funéraires des Gallo-Romains au Bas Empire Reply with quote

a conquête de la Gaule par César n’y change pas brusquement le mode de vie. Le christianisme apparaît dans l’histoire de la Gaule dès la fin du IIème siècle mais le chrétien est considéré à cette époque comme un ennemi. C’est au cours du Bas-Empire que l’on assiste à une évolution des croyances et donc des rites funéraires.
 
 L’incinération
 
En conquérant la Gaule, les Romains font preuve de sagesse: ils ne bouleversent pas les coutumes en place mais fléchissent les habitudes des Gaulois: ils les romanisent. Ils tolèrent d’autant mieux la religion gauloise que les religions sont assez proches. Les dieux gaulois ont suffisamment de points communs avec les dieux latins pour que Teranis rejoigne Jupiter, Borvo, Apollon. Les Romains interdisent cependant les sacrifices humains et les druides disparaissent au cours du premier siècle. Les gallo-romains honorent leurs dieux dans un fanum, édifice composé de deux carrés emboîtés l’un dans l’autre. Le carré central est appelé cella. Tout autour se développe une galerie de circulation. Les murs situés à l’est de la cella et de la galerie sont percés d’une porte. Une marche ou une dalle permettent d’accéder à l’édifice.
 
L’incinération s’affirme aux deux premiers siècles de notre ère en Gaule romaine. A cette époque, elle est traditionnellement choisie par les classes les plus riches mais aussi les affranchis et les esclaves pour lesquels les grandes familles font édifier des colombaria, vastes bâtiments à niches où sont déposées les urnes funéraires. Tandis que les pauvres, jusqu’alors voués à la fosse commune, se regroupent en associations (collegia funerelia). Bien que considérés comme ennemis, les chrétiens sont autorisés à enterrer leurs morts dans les cimetières souterrains, appelés plus tard catacombes. Les tombes sont le plus souvent situées en dehors des habitations mais pas nécessairement à l’écart, par exemple le long des routes.
 
Déroulement
Précédé de pleureuses, le défunt porté sur une civière par ses proches est conduit vers le bûcher. Il est déposé sur l’amoncellement de bois sur lequel sont déposés vêtements, bijoux et objets familiers chers au disparu. Pendant la crémation, les assistants jettent dans le feu fleurs et parfums contenus dans des petites fioles de verre ou balsamaires. Le bûcher refroidi, quelques poignées d’ossements calcinés sont recueillis et lavés avec du vin ou du lait puis déposés dans une urne et confiés à la terre. D’autres objets sont déposés dans la tombe au moment de la combler:
-vases parfois par dizaines, assiettes et cruchons contenaient vraisemblablement des denrées périssables offertes par les parents et amis;
-pièce de monnaie placée par superstition pour le passage du défunt dans l’au-delà; 
-lampe à huile en terre cuite pour guider le mort;
-figurines en terre cuite;
-statuettes de bronze;
-clés, souvent dans des tombes de femmes, symboles de la maison et du foyer;
-bijoux;
-grils, poêles pliantes, récipients métalliques;
-rarement, outillage agricole miniature: haches, houes, faux.
La qualité de ces objets dépend de la richesse du défunt.
 
 L’inhumation
 
Dès le IIe siècle, le christianisme envahit les grandes villes de l’empire. Il séduit surtout les humbles et les esclaves mais aussi l’élite pour sa pureté. En 64, Néron accuse les chrétiens d’avoir allumé l’incendie de Rome et monte ainsi le peuple contre eux. Les persécutions locales sont courantes jusqu’à la fin du IIIe siècle, particulièrement sous Decius (250-1) et Dioclétien (303-5). En 313, l’édit de Milan de Constantin tolère le christianisme en décrétant la liberté de culte. A partir de cette période, on assiste à une disparition des cultes païens et une destruction des fana. En 382, le christianisme est déclaré religion de l’état. Le christianisme ne serait pourtant pas la seule explication à l’adoption de l’inhumation. On peut évoquer l’influence des cultes orientaux comme Isis et Cybèle qui prônent le retour à la terre et qui atteignent leur apogée au IIIe siècle, mais aussi le retour à de vieilles croyances gauloises. En effet, le paganisme profondément enraciné dans les campagnes gauloises entrave l’extension de la religion nouvelle. Pour ces différentes raisons, l’incinération est abandonnée pour l’inhumation. Les catacombes -longues galeries souterraines creusées dans le tuf pour la sépulture des morts- se situent généralement en dehors des villes. Les pauvres se contentent de niches (loculus) creusées les unes au-dessous des autres et fermées par des dalles portant un nom, les riches possèdent, à l’intérieur de la catacombe, leur sarcophage ou leur tombeau de famille.  
 
            Déroulement
Le défunt repose sur le dos, parfois sur le ventre ou le côté. Le corps est placé soit dans un cercueil de bois soit dans un sarcophage de pierre soit dans une bière en plomb ou dans un coffre rectangulaire fait de tuiles assemblées évoquant une petite maison avec un toit à deux pentes. On retrouve les mêmes objets que pour l’incinération. Si elle est présente, la pièce est généralement posée dans une main, aux pieds, dans la bouche ou sur un oeil.
L’art du sarcophage se développe à partir du IIe siècle pour connaître un remarquable essor dans la vallée du Rhône aux IIIe, IVe et Ve siècles. La sculpture du sarcophage est une spécialité du Bas-Empire. On en observe diverses sortes: historiés, ornés de rinceaux ou de strigiles. Les chrétiens arboraient sur leurs sarcophages des thèmes païens, identiques à ceux des autres Romains. Lorsque les thèmes chrétiens sont représentés, ils sont surtout d’inspiration vétérotestamentaire et le nouveau testament est plutôt évoqué que l’ancien. La mort du Christ n’est pas représentée, on privilégie sa vie et sa résurrection.   
      
Malgré de nombreux changements de politique religieuse, le christianisme gagne progressivement l’empire romain. Les empereurs se font baptiser, le premier d’entre eux étant Constantin. Le panthéon romain est abandonné puis disparaît. L’Eglise s’organise en calquant son organisation sur la division politique de l’empire. L’apogée du christianisme ne semble cependant pas responsable du déclin de l’empire puisque c’est face aux difficultés militaires et économiques que l’immense empire romain se disloque.  

 Source : http://happc.free.fr/rites_funeraires.htm


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