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IMPERIUM ROMANUM Forum Index
Les Derniers feux de l'Empire

 
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Arthurius
Equites ordo kolob
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Localisation: Lutèce en Gaule et pays de la toison d'or

PostPosted: Tue 15 Jan - 23:02    Post subject: Les Derniers feux de l'Empire Reply with quote

Dans un Empire qui semble au bord de l'abîme et que menacent autant les invasions que les usurpations locales et les luttes intestines, Gallien, fils de Valérien, accède au pouvoir en 260. Il va tenter de sauver
ce qui peut l'être, quitte à tolérer, faute de pouvoir s'y opposer, la création de l'Empire de Paimyre, et la sécession de Postumus à Trêves, qui crée de son côté un Empire des Gaules. Il réforme l'armée, plaçant à sa tête des Illyriens. Il écrase les Alamans devant Milan, puis les Goths qu'il refoule en Macédoine.

  Ce sont ces militaires d'illyrie qui lui succèdent. En premier lieu Claude II, dès 268, qui vainc lui aussi les Alamans et les Goths. A Quintilius, l'armée préfère Aurélien, qui décide de fortifier Rome et élève en 271 d'énormes murailles, longues de 16 km, munies de 350 tours. Cet ouvrage défensil, destiné à prévenir le danger des bandes germaniques infiltrées dans l'Empire, est bâti à l'aide des matériaux prélevés sur les constructions parfois ruinées — telles que tombeaux, mausolées, aqueducs — qui sont systématiquement affectées à l'entreprise de salut public.



S'ouvrant sur la Via Appia, la Porta Appia, ou porte San Sebastiano, à Rome, fut édifiée en 275 par Aurélien, puis surélevée vers 400. Mais ces fortifications n'empêcheront pas les Vandales de pénétrer en 410 dans la ville de Rome.


  Aurélien remporte une série de victoires sur les Barbares. Il réduit la Gaule et reprend Palmyre, qu'il châtie en livrant la ville au pillage et en confisquant son or qui reconstitue le trésor impérial ruiné. La reine Zénobie figurera à son triomphe de 274. Ainsi, Aurélien peut-il être salué comme le restaurateur de l'Empire. Il réorganise le système monétaire, dont le crédit était au plus bas. Il fait frapper des pièces dont le titre est renforcé, tant en argent qu'en or. Dés sa mort, son successeur, Tacite, est assassiné et remplacé par Probus qui combat les Barbares en Gaule, envahie en 273 par les Francs et les Alamans.



 Il fortifie les villes gauloises à l'image de Rome, avec les débris des monuments dévastés par les tribus germaniques. Il sera assassiné par ses soldats en 282.

  C'est un Dalmate, Carus, jusqu'ici préfet du prétoire, qui accédé au principal et reprend la guerre contre les Perses, atteint Séleucie et Ctésiphon, mais meurt prématurément, ouvrant le champ à une nouvelle série d'assassinats et d'usurpations.  Dioclétien en sort vainqueur et devient empereur en 285. C'est encore un Illyrien. En un demi-siècle, Rome a connu vingt et un empereurs et une trentaine d'usurpateurs.



  Dioclétien va poursuivre l'opération de redressement entamée par Aurélien et Probus. Il délégué ses pouvoirs à Maximien, nommé César puis Auguste, en Gaule, et qui se fixe à Trêves. C'est à Nicomédie (lzmit) sur la mer de Marmara que réside Dioclétien pour être plus proche du théâtre des opérations en Orient. Les responsabilités sur l'Empire sont désormais partagées, comme elles l'avaient été passagèrement sous Marc Aurèle et Vérus, puis sous Valérien et Gallien. Mais Dioclétien nomme en outre deux Césars (Constance et Galère). Ces quatre chefs de guerre qui forment la tétrachie combattent simultanément sur tous les fronts: Gaule, Bretagne, Afrique du Nord (contre les Maures), Danube, Euphrate et Arménie. Plus aucun maître de l'Empire ne réside à Rome, dans cette tétrarchie où Dioclétien conserve la prééminence.





Les monuments de Dioclétien

  Dioclétien était donc parvenu à rétablir la situation compromise par cinquante ans d'instabilité. Il reprend, grâce à une imposition unifiée et cohérente, les grands programmes de constructions. Et s'il parvient à doter l'Empire de créations architecturales somptueuses, la crise monétaire n'en subsiste pas moins, avec dévaluation et inflation généralisées.
  Outre les travaux d'urbanisme entrepris dans Nicomédie, cité qui constitue la nouvelle résidence impériale, c'est à la construction des Thermes de Dioclétien que ce règne doit une bonne part de sa célébrité. Ces thermes, édifiés à Rome, marquent le degré extrême de gigantisme qu'atteindront ces installations de luxe et de confort collectif. Les travaux qui sont le fait de la tétrarchie débutent en 298 sous Maximien, et sont poursuivis par Dioclétien. L'immense complexe ne sera achevé que vers 305, alors que le principal Auguste avait déjà abdiqué pour se retirer dans son palais de Split (énorme complexe rectangulaire de 180 m sur 220 m, dont la puissante enceinte domine l'Adriatique).


  Ces Thermes de Dioclétien couvrent plus de 13 ha, et mesurent 376m sur 361 m. Ils reprennent pour l'essentiel le plan adopté par Apollodore pour les Thermes de Trajan, plan agrandi par Caracalla pour ses propres thermes, où les bâtiments atteignent une échelle colossale que surpasse encore l'œuvre de Dioclétien. Les vestiges subsistants de cette réalisation se résument essentiellement à la salle ronde du tepidarium, et à la vaste nef à laquelle elle conduit, qui forme le frigidarium antique, transformé au XVIe siècle par Michel-Ange en une église.



La Basilica Nova ou Basilique de Maxence et de Constantin, sur le Forum de Rome: détail d'un des grands arcs de contrebutement latéral en berceau perpendiculaire à la nef - aujourd'hui disparue - dans la croisée d'arêtes culminait  à 34 mètres de hauteur. Ces puissantes arcades formant bas-côtés sont tapissés de caissons octogonaux ménagés dans la masse de brique et de blocage.


La crise religieuse

  Si nous avons évoqué l'importante pénétration des idées religieuses orientales et des cultes à mystères à Rome où l'isisme et le mithraïsme se répandent au IIIe siècle en même temps que les religions solaires — la mère d'Aurélien était prêtresse du Soleil, divinité dont son fils voulut faire le Deus maximus, le dieu suprême de l'Empire — il existait une tendance générale des philosophes et des penseurs à croire en une divinité supérieure, commune à tous les peuples. Dans cette perspective, le succès du christianisme ne pouvait manquer de s'affirmer, malgré les persécutions qui avaient débuté sous Néron, s'étaient poursuivies sous Domitien, Trajan, Marc Aurèle, Commode, Septime Sévère, Maximin le Thrace, Dèce et Valérien.

  Alors que Gallien promulgue un édit mettant fin aux mesures dont sont victimes les chrétiens, Dioctétien veut obliger les adeptes du Christ à assister aux vieux rites de l'Empire. Mais Galère qui avait été l'instigateur de ce retour aux tourments infligés aux chrétiens se rend compte de l'inanité d'une telle politique qui risque de scinder en deux son peuple; il promulgue,  peu avant sa mort, un nouvel édit de tolérance qui annonce les mesures de clémence de Constantin.



L'âge constantinien

  La seconde tétrarchie — Constance, fondateur de la seconde dynastie Havienne, Galère, Sévère et Maximin Daïa — ne dure guère. Après la mort de Constance en Bretagne, on voit à nouveau la troupe élire en 306 le princeps en la personne de Constantin, fils de Constance. A Rome, en revanche, c'est le fils de Maximien, Maxence, qui devient empereur, sans que Sévère ni Galère parviennent à s'y opposer. L'anarchie s'installe une fois de plus dans l'Empire.

  Constantin qui réside à Trêves — où le rôle de capitale impériale a fait éclore un art remarquable, avec une basilique, des thermes luxueux et une muraille où la Porta Nigra représente un original système fortifié en même temps qu'une sorte d'arc triomphal — va descendre sur Rome pour imposer par la force à Maxence sa primauté. L'affrontement a lieu en 312 au pont Milvius sur le Tibre, devant Rome. Il voit la victoire de Constantin qui se proclame empereur, abolissant le système de la tétrar-
chie inauguré par Dioclétien. Avec ce règne s'ouvre la monarchie du Bas-Empire qui reconnaît le christianisme et rend au monde romain son lustre pendant la plus grande partie du IV' siècle, jusqu'au règne de Théodose.
 

 Depuis le début du IV' siècle, l'édification d'importants ouvrages se poursuit, dont le plus grandiose est peut-être cette immense basilique civile dite de Maxence et Constantin, sur le Forum de Rome. C'est un fantastique espace voûté dont les croisées d'arêtes culminaient à 34 m, contrebutées par des bas-côtés en berceaux transversaux. Il n'en subsiste
que trois arches latérales de proportions colossales qui donnent une idée de cet espace interne, le plus vaste jamais réalisé sous voûtement dans l'Antiquité, qui avoisinait 5000 m2, soit un demi-hectare !

  Comme si le gigantisme était une maladie affectant la fin des cycles vitaux, les formidables créations du Bas-Empire sont !es dinosaures de la civilisation romaine. Et ce n'est pas l'architecture constantinienne du premier christianisme — avec l'énorme basilique Sain;-Pierre de Rome qui contredit cette loi : longue de 220 m avec son atrium, et offrant un vaisseau à cinq nefs de 120m par 65 m, elle est d'emblée à l'échelle des chefs-d'oeuvre les plus considérables du paganisme.
Constantinople, nouvelle capitale.

  Mais l'adoption de Constantinople, en 380, comme nouvelle capitale de l'Empire, marque la scission entre Rome et l'Orient, qui présage la rupture définitive après Théodose. Auparavant, le décret qui fait du christianisme une religion d'Etat, au côté du paganisme, vise à rendre sa cohésion au peuple romain. Et le soutien de Constantin à la nouvelle foi de l'Empire sera déterminant pour l'avenir. Même si l'empereur ne se convertit que sur son lit de mort, et non en 313, après sa victoire sur Maxence, son règne ouvre l'ère des empereurs chrétiens.

 Au lendemain de la mort de Constantin en 337, qui a gouverné en monarque absolu pendant près d'un quart de siècle, on assiste au régne de ses (ils, puis à l'usurpation de Magnence. Avec le règne de Julien, dit l'Apostat en cela qu'il voulut rétablir dans leur primauté les vieux cultes païens, s'ouvre la dynastie valentinienne qui va durer une trentaine d'années, et marquer le triomphe définitif du christianisme.

  Mais le destin est en marche. Et sur cet Empire d'Occident qui semble en survie, malgré son extraordinaire vitalité, manifestée par le renouvellement des formes et des structures architecturales sous l'impulsion de programmes nouveaux, découlant des nécessités du culte, la ruine, le désastre et la mort vont s'abattre dès l'aube du Ve siècle.


La. ruée des Barbares

  Subitement, c'est la ruée, et les frontières craquent de toutes parts devant Alaric et les Wisigoths, puis les Vandales, les Ostrogoths et les Huns, déboulant, avec Attila à leur tête, sur l'Occident qui sombre dans le chaos.
  La prise de Rome en 410 est perçue comme une catastrophe effroyable. Et dés le milieu du Ve siècle, il ne reste plus rien de ce que fut le glorieux Empire de Rome. Seul l'Orient, avec le monde de Byzance, se renouvellera pour donner naissance à un autre millénaire de culture et et de civilisation.




Extrait du livre "le Monde de Rome" par H. Stierlin Ed. Princesse 1981







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