Arthurius Equites ordo kolob

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Localisation: Lutèce en Gaule et pays de la toison d'or
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Posted: Tue 29 Jan - 07:32 Post subject: La période gallo-romaine de De - 52 avant JC à - 450 après JC |
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PÉRIODE GALLO-ROMAINE De - 52 avant JC à - 450 après JC
Suite à l'appel au secours de Marseille, les romains avaient déjà conquis de -125 à -120 av. J.C, la Provence, le Languedoc et la moyenne vallée du Rhône (La Province ou Gaule Transalpine avec Narbonne comme capitale).
En -58 av. J.C, alerté de même par les Allobroges et les Eduens celtes menacés par les Germains, Jules César, proconsul de la Gaule Cisalpine, engage la guerre des Gaules qui va durer 9 ans et se terminer par la prise d'Alésia. La défaite des Gaulois est complète malgré quelques combats ultimes sur l'oppidum d'Uxellodunum dans le Quercy. Le bilan est très lourd: 500 000 morts, autant d'esclaves, et un tribut de 280 millions de sesterces à verser.
Vercingétorix mourra 6 ans plus tard à Rome, étranglé dans sa geôle et figurera dans le triomphe de César.
Dès lors la Gaule est soumise et la romanisation inexorable commence, calquée sur le modèle de l'Empire. Un nouveau mode de distribution du sol et un nouveau système économique et ad-ministratif sont mis en place.
C'est la "pax romana" qui durera presque 3 siècles (jusqu'en 235), et la naissance d'un développement urbain inconnu en Gaule jusqu'alors : Lugdunum (Lyon), capitale des Gaules, Arles, Orange, Vienne, Chartres, Lutèce, etc. Les oppida, sites inaccessibles, sont abandonnés au profit de villes nouvelles.
Ainsi Bibracte est délaissé pour Autun, Gergovie pour Clermont. Un réseau serré de routes rectilignes rapides tisse un maillage dense entre toutes les villes du pays et les Romains utilisent le savoir-faire gaulois en matière de charronnerie.
Le sol devient propriété collective du peuple romain (ager publicus) si bien que les gaulois indigènes doivent l'impôt et c'est pourquoi l'ensemble du territoire va être cadastré (ce travail gigantesque de recensement des terres ne sera terminé que sous Trajan au début du 2 ème siècle). Les romains apportent avec eux le résultat de 5000 ans de traditions culturales issues des Egyptiens, Babyloniens, Chaldéens et c'est le début pour notre pays d'une croissance agricole et économique sans précédent.
La romanisation des campagnes : Les meilleures terres (limons du Nord-Ouest, terres alluvionnaires du Sud) sont distribuées sous forme :

Villa Gallo-Romaine de Montmaurin (vue aérienne)

Reconstitution d'une villa gallo-romaine.
1/ de centuries : Parties du territoire divisées selon une trame quadrillée et données à des colons, anciens soldats de préférence. On en retrouve les traces de parcellaire majoritairement dans le Midi (Béziers, Orange). 2/ de villae (villa) : Grandes propriétés dépassant la centaine d'hectares, très luxueuses dans le Midi, appartenant à d'anciens dignitaires gaulois ou de hauts responsables romains (officiers, administrateurs, etc.), occupées par le maître, l'intendant, la famille et des esclaves. En témoignent parmi d'autres, celle de Montmaurin en Haute-Garonne, avec ses 50 pièces indépendantes, ses thermes, ses jardins en hémicycle ou bien la grandiose villa de Chiragan à Martres-Tolosanes près de Toulouse, entourée d'un mur d'enceinte de 1,5 km, au domaine d'une superficie estimée à 8000 ha nécessitant le travail de plus de 400 esclaves.
Sur ces domaines ruraux, (fermes isolées), non desservis directement par les voies romaines, une agriculture intensive est appliquée : rotation biennale (céréales/ légumineuses), utilisation d'engrais verts (par exemple le lupin), labour à l'araire perfectionnée, moisson avec le "vallus" sur les terres plates et de grande surface, pigeonnier, basse-cour et jardin, prairies, selon les préceptes des agronomes latins comme Caton l'ancien, Varron, Pline l'ancien et surtout Columelle "prince des agronomes latins", qui recense au 1 er siècle toutes les connaissances agricoles de son époque dans "De re rustica" en 12 volumes.
3/ de petits lopins de terre : situés autour de ces domaines, cultivés par d'anciens esclaves restant par condition attachés au maître, ou bien par des hommes libres payant redevance, soit 2/3 ou plus du produit des récoltes. L'habitat rural change dans les villae et surtout dans la partie méridionale du pays avec la construction en pierre et mortier, les toits en tuile, le sol en dur et la cheminée de pierre mieux adaptée au climat.
On trouve aussi des "pagi", première forme d'habitat groupé, qui sont de petits bourgs gallo-romains situés près des routes, où habitent des commerçants et des artisans, haltes de voyageurs entourés de terres agricoles.
Bien sûr, des communautés non assimilées occupent les territoires non accaparés et l'installation de nouveaux colons au début du 1 er siècle provoquera les révoltes de l'an 21, sous l'Empereur Tibère, qui seront rapidement matées.
La croissance agricole massive, surtout dans les grands domaines qui doivent approvisionner l'armée et le monde urbain ne fut possible que par l'intensification de la culture, la bonification des terres (marnage, chaulage) et grâce à l'extension de la vigne, de l'olivier, et la venue d'animaux, de plantes et d'arbres nouveaux.
La vigne, introduite par les grecs de Marseille vers -500 av. J. C, se répand en Languedoc et Provence mais les cépages restent sensibles au froid et à l'humidité. Peu à peu, de nouveaux cépages plus résistants apparaissent : entre Orange et Vienne, l'allobrogica donnant un vin rouge, le picatum, proche du pinot actuel.
Plus tard, autour de Bordeaux, en naît un autre : le biturica, bien adapté à l'humidité et au vent. Ainsi la vigne progresse constamment vers le Nord et l'Ouest, conquérant de nouveaux terroirs jusqu'en Champagne et en Bourgogne où l'empereur gaulois Probus va employer ses légions à créer des vignobles à la fin du 3 ème siècle.
A la même époque naissent les vignobles du Parisis (Suresnes, Argenteuil, Clamart). La tolérance en l'an 311, puis l'adoption du christianisme dont le culte nécessite pain et vin renforcera encore cette extension.
Le commerce viticole est facilité par l'adoption des tonneaux et des cuves, inventions gauloises, qui remplacent les trop lourdes amphores romaines et la vinification abandonne les ajouts de miel, résine de cyprès, genévrier ou de poix d'épicéa. La culture de l'olivier se propage elle aussi, mais à cause de la contrainte du froid hivernal (aucune sélection n'a pu franchir ce cap), reste limitée aux sols calcaires très pauvres des collines et plateaux du Sud-Est et fixe la limite Nord de la cuisine à l'huile.
Le cheval, le boeuf et le mouton gaulois vont cohabiter longtemps avec leurs homologues romains beaucoup plus grands puis s'effacer progressivement.
Le chat, originaire d'Egypte, devient un animal familier et le lapin, en provenance d'Espagne, est élevé dans les garennes en attendant les clapiers qu'inventeront les moines du Moyen- Age. Surtout, deux animaux précieux pour les zones accidentées des Alpes et du Midi, l'âne et le mulet, vont devenir des auxiliaires appréciés pour le portage et l'agriculture dans ces régions

Enfin, l'arboriculture et l'horticulture viennent enrichir la production agricole de jadis. Le châtaignier (l'arbre à pain) se répand dans les Cévennes et l'Ardèche, le noyer un peu partout, comme les arbres fruitiers de la famille des rosacées: abricotier, cerisier, amandier. Les jardins se multiplient, tant paysagers que potagers (concombres, poireaux, laitues, radis).
La conquête romaine apporte aussi des plantes nouvelles, en premier lieu les légumineuses comme le lupin, le pois chiche, le sésame, la luzerne ; ensuite la rave, déjà connue, et le navet, nourritures pour l'homme et les animaux. Le lin et l'osier deviennent des plantes industrielles.
Indéniablement, donc, malgré quelques troubles en 21 après. J.C puis dans les années 70, la "paix romaine", résultat d'une unité politique et administrative sans faille au sein de l'Empire, permet une mise en valeur considérable de la Gaule, citée par tous comme une des contrées les plus fertiles et les plus riches en potentialités agricoles.
Modérons cependant ces propos en soulignant qu'il s'agit des meilleures terres prises par les Romains aux vaincus, sur lesquelles des méthodes intensives nouvelles sont appliquées, utilisant le travail des esclaves et donnant ainsi de meilleurs rendements.
Globalement la Gaule est exportatrice et envoie dans le monde romain ses chevaux, ses chiens de chasse, les mulets du Dauphiné, les oies des Flandres, des lainages, des conserves de porc, du cuir, du miel, du chanvre et des fromages comme ceux de Savoie et de Lozère.
Deux écrivains seulement, grands propriétaires terriens, nous ont laissé des documents précieux sur la vie rurale de la fin de cette époque:
AUSONE (310-395), vivant à Bordeaux, a dépeint la douceur de vivre des grands bourgeois de l'époque sur les bords de la Garonne.
SIDOINE APPOLLINAIRE (431-487), gendre de l'empereur Avitus, devenu évêque de Clermont-Ferrand, décrit au V ème siècle une Auvergne idyllique, restée à l'écart des invasions. L'embellie cesse pourtant, malgré les légions nombreuses postées sur le "limes", immense ligne de défense créée pour contenir les populations "barbares" depuis l'Europe Centrale jusqu'au Nord de l'Angleterre (le mur d'Hadrien).
De 235 à 280, les incursions incessantes germaines de Suèves, d'Alamans, de Burgondes, etc. mettent en péril les populations, par leur fureur destructrice.
L'insécurité des campagnes empire avec la création de bandes armées de vagabonds, les "bagaudes".
En 276, les Germains pillent et incendient 60 villes et provoquent la terreur. De 280 à 352, 5 empereurs efficaces se succèdent, brisent le flot des invasions tout en incorporant des germains captifs dans l'armée ou comme hommes de main dans les campagnes et ramènent la paix civile. Puis de nouveau, la pression barbare revient, enfle et bientôt sonne le glas du monde gallo-romain.
Le 31 décembre 406 dans la nuit, sur le Rhin gelé, Vandales, Alains, Suèves, etc. pénètrent en Gaule avec armes, bagages, femmes, enfants et troupeaux, en proie à une terreur panique, provoquée par l'irruption des Huns sur leurs arrières.
C'est le début des grandes invasions et la fin de la civilisation gallo-romaine.

Le général romain Aetius qui livrera l'une des dernières grandes batailles de Rome à la fin de l'Empire Romain en Gaule. Sources : © Texte de Michel Guy pour Pages d'Histoire , L'Agriculture au fil du temps.
Source : http://agriculture.gouv.fr/histoire/2_histoire/gallo_5.htm
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